5 mai 2011
Baisse des délais de paiement mais augmentation des retards de paiement
Dans son cinquième rapport l’Observatoire des délais de paiement fait apparaitre une réduction des délais de paiement, ce dont il se félicite, et une augmentation des retards de paiement, ce dont il se désole.
Les délais de paiement ont en effet été réduits de 2 jours sur l’année 2009, passant de 51 à 49 jours pour les créances clients et de 59 à 56 jours pour les créances fournisseurs, soit une réduction de 3 jours.
Les délais de paiement de la loi LME à 60 jours ou 45 jours fin de mois, sont donc bien pris en compte par les entreprises dans leurs règlements respectifs.
Des délais de paiement difficiles à tenir
L’augmentation des retards de paiement fait apparaitre une réelle difficulté à respecter ses délais légaux. Si on suit le rapport, on comprend que ce qui est gagné en 2 ou 3 jours est perdu sur les montants concernés.
En résumé, les délais sont réduits de 2 et 3 jours, mais les montants des retards augmentent fortement. Il y a un lien direct, que ne relève pas assez l’Observatoire des délais de paiement, c’est que légalement les entreprises sont tenus de respecter ces nouveaux délais, mais que dans les faits, ils sont tellement difficiles à tenir, que la masse des retards augmente d’autant.
La réduction des délais de paiement malheureusement ne se décrète pas, mais est plutôt le fruit d’une politique économique globalement vertueuse, dans laquelle même l’Etat réduirait ses délais de paiement envers ses fournisseurs.
L'affacturage inversé ou reverse factoring
Le rapport préconise une proposition qui devrait être plus mise en avant, celle de la mise en place d’affacturage inversé, appelé également reverse factoring. Ce type d’affacturage devrait effectivement être plus souvent mis en place pour réduire les délais d’encaissement des factures.
Les conditions d'éligibilité au reverse factoring
Le niveau de chiffre d’affaires pour être éligible à ce programme est actuellement de 30 millions d’euros, ce qui écarte malheureusement de nombreuses entreprises du reverse factoring.
Il faudrait baisser ce montant à 10 ou 15 millions d’euros, pour le rendre plus attractif. Du côté des pouvoirs publics, la mise en place de programmes d’affacturage inversé, pourrait se faire par service payeur, ou par collectivités, dans un programme de contrat cadre de reverse factoring dont seraient bénéficiaires les fournisseurs. |